Sous la vigne nue,
Vive nuance d'automne,
Un renard me voit.
Sous la vigne nue,
Vive nuance d'automne,
Un renard me voit.
Quel est ce couturier
Venu comme un fripier,
Brocher à mon revers
Une obscène noblesse ?
Parer notre univers
De ses superfluités,
Cette pute à fourrure
Exhibant une fesse.
Qui habille l'existence ?
Quel est donc ce joaillier,
Venu comme un voleur,
Sertir tant de mystères
Dans ma chair et mon cœur ?
Quel est cet orpailleur
Opérant au mercure
Afin d'amalgamer
L'âme et l'obscurité ?
Qui prélève l'existence ?
Quel est ce sommelier,
Venu comme un sourcier
Qui hume, consciencieux,
La sainte humidité ?
Liant d'un quart de tour
La lie à l'amertume,
Et tenant loin du jour
Le châle poussiéreux.
Qui élève l'existence ?
Clim, jet, yacht, mini-bar...
La piscine et le ciel.
Dans mon satin peignoir
Je commande un cocktail.
Saurai-je un jour le nom
Du tour-opérateur
Qui m'a vendu l’hôtel
Et les œufs d'esturgeon ?
Qui donc contemple
le luxe de l'existence ?
Une joie cryptogame, sourde autant que douleur,
Gravit mes intérieurs, comme une sève ancienne
Que douze hivers vécus sans que trêve survienne
Avaient recluse au fond de mon cœur radical.
Est-ce là le signal qu'un printemps s'y sécrète
Et qu'une fleur déjà germe secrètement ?
Évité par les loups mais mordu par les vents,
Sur le point le plus haut du Moldoveanu,
Se dresse un rocher blanc.
Fier témoin de l'union de la terre et du ciel,
Joyau glissé du doigt d'un vizir ottoman,
C'est la pierre essentielle.
Les anciens de Sibiu entretiennent le mythe,
Assurant que parfois le vieux caillou lévite
Au dessus de la crête.
Je désirai m'y rendre et plein d'un doute honnête,
Exposer la légende à mon œil logicien,
Lorgnant l'espoir en coin.
J'étais posté là-haut, arrivé depuis peu,
Mimant les graminées et scrutant, scrupuleux,
L'énigme minérale.
Si je vous dis qu'ici surgit une vestale,
Ou qui je crus alors bon de nommer ainsi,
Amis, me croirez-vous ?
Si je vous dis encor qu'elle se mit debout
Sur ce rocher qui seul jusque là m'occupait,
Les pieds rivés au grès.
Et qu'aussitôt le roc se mit à tressaillir,
Le sommet tout entier en proie aux tremblements...
J'en faillis défaillir.
Devant moi, s'arrachant à sa gangue de terre,
Il gagnait l'atmosphère et ainsi, il hissait
Cette femme oriflamme.
A dix mètres du sol, peut-être douze au plus,
Aussi légers dans l'air qu'on eut dit un nimbus,
Leur ascension cessa.
Puis vers l'ouest pivota le piédestal volant.
La femme offrait enfin son regard sculptural,
Les yeux fixés au loin.
Hélas ici soudain décline mon récit...
Ce visage si beau... ma conscience troublée...
J'eus tout juste l'esprit de tenter d'aviser
L'objet de sa vision.
Me détournant alors, j'observai l'horizon:
Il semblait bien qu'au loin, où le soleil se meurt,
Frémissait la lueur d'un possible destin
Paraissant la tenter.
--- Je ne serai jamais vraiment poète vous savez. ---
D’abord, il y a déjà beaucoup de poèmes qui commencent comme ça.
Qui vous baladent l’air de rien,
en vous faisant croire qu’ils n’en sont pas,
tout en en étant néanmoins.
Rassurez-vous, le miens pas .
Dans ces cas-là,
c’est parfois de la fin que Vian alors la solution :
« Eh ben tant pis, j’en ferai pas !»
Vous voyez, c’est déjà mal parti puisqu’on est au début.
D’ailleurs, restez vigilant,
l’absurde, ça fait mal aux dents.
--- Je ne serai donc jamais vraiment poète.---
Car il faut savoir parler d’amour pour ça,
avec des mots qui se terminent par la même chose,
ou plus ou moins,
et de temps en temps,
mais pas trop,
là, doucement.
Attention ça pique ce sont des roses.
C’est assez compliqué n'est-ce pas?
Etre là quand elles viennent,
savoir où elles s’en vont,
comprendre ce qu’elles disent
et ce qu’elles nous reprochent,
seulement les croiser,
ou leur faire du pied au cinoche.
Les prendre dans nos bras
les aliter, longuement lovées là,
en libellules sur le lin que la lune illumine.
Ou les affranchir, évidemment
si elles le désirent.
Les plates, les faire rire malgré tout,
avec des trucs du genre « tercet gagnant »
ou « quatrain tchou tchou »
ou même, pour les flatter,
« poèt poèt » sous le chemisier,
tout ceci n’arrangeant rien à l’originalité,
à la répétition de sonorités,
à la décence,
ni même à l’éclat du propos,
qui est déjà bien long, dense,
phallo et embrouillé comme ça,
encore que,
en y réfléchissant mieux et en insistant,
pour s’amuser encore un peu,
mais non, finalement,
--- je ne serai jamais poète et ne connaîtrai jamais de muse.---
Je ne serai jamais vraiment poète car il faudrait avoir les maladies.
Handicapantes,
rongeuses-rapides ma non tropo qui vous usent,
infiltrantes,
les reins bouchés par l’envie,
les régions hyppo rongées.
S’inventer des névroses vertueuses
Où le virtuose du vers osé
reste tout seul à se balancer
avec son truc qui sonne.
Ou si la solitude n’est plus assez garce et menteuse,
aller chercher Verlaine où y faudrait plus,
dans des docks oubliés ou
dans les chiottes oubliées de docks foutus.
Lui signaler que c’est l’heure de la soupe et puis
Ha !
la lui jeter bouillante à la gueule en riant de dents dagues !
Bref, il faudrait être passablement dérangé
ou bien fourbe et méchant,
et au moins ordurier.
-- RAAAAA ! Foutre blanc ! Je serai jamais poète vraiment ! Ha ! c’est dingue !--
Car pour la poésie,
il faut connaître les prairies et encore l’océan.
Savoir comment sucer son brin en se donnant l’air marin.
Braconner le lapin en jouant du pipeau.
Le prénom des oiseaux, le préfixe des champignons ;
les immatriculations, les sémaphores,
ça paraît con mais il y en a tellement.
J’allais oublier les étoiles là haut:
Trous noirs, quasars, météores.
Constellations, comètes,
filantes à voile,
lunes et planètes.
Galaxies à spirales ou à plumes,
géantes rouges,
naines à poil brunes ou blanches,
supernova,
le mur de Planck,
le Big Bang,
l’immaculée conception,
l’infini etcetera.
J’allais oublier tout ça oui,
et pourtant c’est important,
une bonne paire de jumelles Leica
dans son sac de couchage.
Mais c’est au-dessus de mes moyens.
--- Je ne serai donc jamais vraiment astronome enfin, je veux dire poète. ---
Car ce qu’il faut surtout,
pour un vrai poème,
c’est une fin où on culbute,
un effet chouette ou marrant,
au demeurant,
technique ou énigmatique.
Et à part les trébuchements,
j’ai dur pour les chutes et du mal au derrière.
Mais comme je suis fort mauvais poète,
et lâche en plus
(j’écris par derrière),
je n’hésite pas à aller au pillage d’un qui a fait ses preuves,
d’un vrai çui-là.
On parlera de plagiat
ou avec de la chance, d’hommage ;
Cendrars dira que c’est dommage,
je m’en fous,
j’en ai marre :
« Et j’étais déjà si mauvais poète
Que je ne savais pas aller jusqu’au bout ».
Et voilà, com’ d’habitude…
Je n’attends plus que moi.
Ben voyons.
Ca fait déjà deux plombes au moins
Que je suis là, à me klaxonner devant,
Si impatient face à tant d’inexactitude,
A me passer les nerfs
Les mains tordues sur le volant.
Et je n’arrive pas.
Je vais être à la bourre, c’est sûr.
♪ La Cucara-cha ! La Cucara-cha ♪ !
Je ne m’entends pas ou quoi ?
Qu’est-ce que je fiche !?
Ha !
Ça c’est bien les solitudes !
Jamais coiffées, jamais maquillées,
A se trouver toujours moches
Ou à chercher leurs chaussures.
Bon sang, je n’arrive toujours pas, là !
Et ça sert à quoi d’être à l’heure !
D’avoir fait blinquer la voiture
Et la vidange du moteur,
Si c’est pour se trouver planté
Tout devant au cinoche ?
Pardon m’sieur l’agent ?
Je suis garé en zone rouge ?
Vous n’avez rien de mieux à faire
Que d’attraper les petits moi,
A jouer les surmoi ?
J’ai mis mon disque, non ?
Pas question que je bouge.
Non mais, de qui me moque-je-t-on ?
Ca commence à bien faire. C’est long.
J’irai bien sonner mais je crains
Que soudain un autre moi m’ouvre:
Mon moi-père ou mon moi-mère,
Mon moi-petite-soeur
Ou mon moi-petit-chien-qui-mord.
Je vais pas savoir quoi dire,
Je serai plein d’émoi et de sueur,
Je ne me laisserai pas sortir
Si je me vois dehors.
Ah ! enf… non, j’ai cru un moment.
Mais ce n’était pas moi.
Je vais pas m’en sortir.
Si encore je m’étais prévenu :
« Allo? oui, passe un peu plus tard,
Je ne suis pas prêt.
Non c’est moi qui raccroche, non c’est moi »,
Passe encore à peu près, mais là ?
Bon, je viens maintenant ou quoi ?!
Ça fait un sacré bout de temps !
Qui c’est cui-là, le moi-voisin ?
Qu’est-ce qu’il a à me regarder en coin
Comme si je m’étais jamais vu.
Comme si j’avais pas assez du rétroviseur.
Allez, sors mes poubelles,
Et rentre chez moi !
Et moi qui n’arrive pas.
D’ailleurs,
Je crois que je ne viendrai plus maintenant.
C’est compulsif, obsessionnel :
Je n’ai jamais été à l’heure.
C’est plus fort que moi.
C’est comme ça tout le temps.
La ponctualité est la politesse des moi, dit-on.
Disons que j’me suis mal élevé,
Et que j’commence sérieusement à m’énerver !
Je vais jouer une Cucaracha ultime
Et puis allez, tant pis pour moi,
J’irai sans moi,
Je me raconterai le film.
Comment aurai-je emprise sur moi
Quelles sont mes aspérités
Et l’espoir d’une crevasse
Pour y glisser
Mes doigts
Comment s’atteindre
Le haut de soi
Le sommet
S’il en est
Comment se hisser par-dessus
La glace
La ride dedans qui s’annonce
On s’attaque par la face nord
Sur le visage moussu du dehors
On se casse les dents
C’est la chute
Et on n' a plus qu’à sucer
La moelle des mots
Mon bon monsieur, mais regardez autour de vous :
Le monde entier est un complot !
Dans ce parc,
Nos sens et les oiseaux sont tous de connivence.
Ils se jouent de nous,
En rires sarcastiques et à peine étouffés.
Cet arbre cesse d’exister
Dès que mes yeux se ferment
Et dès que ma main quitte son écorce rugueuse.
Excusez-moi du terme
Mais nous sommes des cons.
Mon cher monsieur,
La pub suprême,
La sublime esbroufe du ciel bleu,
Ne la devinons-nous ?
Les ventres lourds de ces lestes prélats
Divins ondoient dans l’air.
Leurs mains lisses caressent des calices d’or fin.
Ils sont rois et sultans,
Ivres et jubilant,
Rouge teint.
Regardez votre serviteur,
Sans doute est-ce eux-mêmes
Trouvant ça drôle,
Qui lui soufflent ce qu’il dit.
Car soyez convaincu qu’ils ont aussi pris
Le contrôle sur l’heure
De l’imagination qui vous salue,
Et vous prie de faire attention.
Vous êtes nu et il fait froid dans ce parc.
Venez pas m‘emmerder,
J’ai vingt siècles d’excuses derrière moi,
Plusieurs millions d’années de froid et de gerçures,
De feux, de peurs, de dents
Et devant déjà le soleil me guette.
Venez pas m’emmerder,
Me demander d’aller en quête d’un chemin
D’argile, de sang, d’eau,
De lumière épurée,
J’ai trop marché, je suis allé trop loin.
Venez pas m’emmerder,
J’ai tous les dieux qu’il faut ,
J’ai mes conspirations,
J’ai le nom des ruisseaux et j’ai le nom des plantes,
J’ai les noms.
Plus d’un organe en moi réclame sa pitance,
C’est bien assez de fournir la gamelle,
Et mon coeur insatiable,
Et mon foie assoiffé,
Venez pas m’emmerder, j’ai bien des circonstances.
Et surtout, je vous prie,
Venez pas m’emmerder.
Je suis déjà assez nombreux.
Je vais fermer la porte adieu.
Retirez votre pied.
Au pied de la colline un troupeau piétinait
Dans sa fange frugale, la conscience innocente.
Deux milliers de thorax ! tripe satisfaisante
Pour les entités foules aux luxuriants méfaits.
Le multiple a trouvé son refuge porcin !
Sitôt l’Ordre intimé, ils gagnent ces poitrines,
Quittent l’homme allégé des allures malignes
Et s’enfouire dictant aux khinzirs leur destin.
« Porc, marche vers ce lac et vers ses profondeurs ».
Le bétail ne résiste, se précipite à l’eau.
Les gardiens du troupeau éprouvent grande peur.
Arrivant vers eux deux ils sont fort étonnés
De voir l’homme et son sens revenu à nouveau
Mais prient le Second de vite s’éloigner.
Au tout long de moi,
Je m’étais étayé d’un boisage anonyme.
Mais contre ces terrils qui me poussent,
Ces effondrements qui me minent,
Je ne puis assurer aucune résistance.
Dans la fosse aux cadences furieuses,
Mille pioches creusent mes veines
Où je cache mes sangs,
Vainement.
Chaque heure raille le hercheur :
Les coups du porion qui dégrise,
Le sifflement prévenant des soupirs,
Le feu sec des lanternes vitales.
Les faux filons,
Les strates grises,
Et les remontées brutales
Aux jours éblouissants.
Dans mes galeries existentielles,
J’ai froid de suer toutes les pluies du ciel.
Je tousse un timbre sourd,
Et le rythme majeur
Des lourdes machines à entamer les coeurs
Me dis d’aller plus bas,
Plus bas encore,
Atteindre le noir fossile,
------------------------- Le fond de mon angoisse------------------------
On n'a pas assez des nuits pour rétablir nos jours.
Alors il faut fuir aux jonctions du temps.
La conscience,
simple surface lisse,
posée dans l’existence,
peut ainsi chercher à quitter l’axe du plan sans trop de risque.
Elle n’y arrive toutefois jamais assez pour se dissocier vraiment
et ce serait incroyable si elle y parvenait.
Car elle est peureuse et soumise.
Elle se rallie aux deux dimensions sans trop gémir,
aplatie, aplanie, à plat ventre en chienne honteuse.
Il est tard, comme elle, on finit par se coucher et par s’endormir
et ce n’est que justice pour la conscience.
Aux semonces du réveil,
- oublions le rêve qui est d’un autre ressort -
c’est pourtant elle qui se lève ,
alors que le corps attends l’influx stupide
et il faudra qu’elle s’allonge à nouveau pour qu’il puisse prendre le dessus.
Encore un jour debout,
gonflé des consistances molles,
un air plat dans son volume transparent et synthétique,
bibendum droit qui boitille aux trous de bonne fortune.
La conscience ne doit pas les éviter.
Il faut parfois bloquer son épaule contre elle pour l’y conduire,
l’aider à rétablir l’équilibre par le point de rupture.
La soulager un court instant,
en la libérant par le sol.
Elle se roule alors de tout son long
comme les chats sur le béton plus frais et semble reconnaissante.
Véloce, elle se relève, on ne sait pourquoi et ce n’est pas effrayée qu’elle est.
Le plus commode est de l’asseoir sur une chaise.
Saltimbanque usurier de mon destin nomade,
Qui me traque, me ruine et me terrainvague,
Ou attends patiemment son tour dans la file,
Je prendrai moi aussi de bien curieux atours.
J’irai comme on s’efface me montrer dans les foires,
Une larme docile dans mon café séché,
J’attendrai l’oeil voyeur du chaland dans le noir
Chercherai le secret de ces gens enjoués,
Et referai le monde aux miroirs déformants:
Un palais des glaces dans la Galerie des Glaces
Un grand-huit sur la tour Eifel.
Un galopant de caramel,
Des recolleurs de dents,
Un train-fantôme à Buckingham Palace,
Une pomme d’amour gigantesque sur les toits du Vatican.
Amis forains,
Cracheurs de ritournelles,
Avaleurs de scies, de rats,
Gobeurs de clous en coin,
Saouls du ciel,
Des tournis tournoyants
Des orgies rougeoyantes
Des tabulé razzias,
Jamais rassasiés,
Jamais assez de rats,
Amis, approchez.
Voyez le frugal et suffisant espace :
Un seul soleil là-haut à nous reluquer,
Une lune unique et à portée de bouche,
Deux vieux réchauds manouches, notre campement.
L’univers aux pieds sales vagabonde à nos pieds.
Je ferai comme avant, brûlerai roulotte,
Deux chèvres qu’il me reste d’un ancien divorce.
Je sauverai mon chien et mon corbeau-farceur,
Le médiator de mon père et ma guitare.
Ce soir on chantera et demain est ailleurs.
Médiocre éternité,
Le ventre plein
Des feux éteints.
Piètres humbles,
L'ocre pâle
Au teint de ceux
Déçus des fées.
Blafards flamboyants,
Clients des bains publics
Cherchant
Un quelconque illusoire
Le délice vulgaire,
Un souffle chaud et aquatique
Entre les cuisses molles.
J'ai hâte comme vous
Des goûts
De la prochaine mer.
J’ai fini par dompter le tournoiement du ciel,
le débourrer avant qu’il ne me lèche,
deux coups de langue à griffe, un demi croc,
des jours entiers à se tenir en laisse.
J’ai appris à tousser la fripouille au cri noir,
à maîtriser le clappement de ses membranes,
à m’époumoner avec économie
dans ma boîte à glaviots en ivoire.
J’ai pu exonérer mes peurs,
dissimuler à mes décimateurs
mon thésaurus intime, mes sels persos,
mes dîmes dûment planquées
dans le silo sous la pulpe.
Des nuits en ruines du jour,
pré-contraint à mes bétons-résines,
j’ai dû y dénicher mes caches,
m’ensevelir à mon tour
pour retrouver l’amande enfouie.
Jouer au bord du trou fantoche,
adossé au vertige, sur un pied d’art précaire,
jeter l’énième pierre
pour sonder la profondeur du vide.
Un revers essuyé à ma serpillière,
j’étais encore allé, sous le manteau,
remuer ma plaie autour de mon couteau