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Vendredi 26 décembre 2008

--- Je ne serai jamais vraiment poète vous savez. ---



D’abord, il y a déjà beaucoup de poèmes qui commencent comme ça.

Qui vous baladent l’air de rien,

en vous faisant croire qu’ils n’en sont pas,

tout en en étant néanmoins.


Rassurez-vous, le miens pas .


Dans ces cas-là,

c’est parfois de la fin que Vian alors la solution :

« Eh ben tant pis, j’en ferai pas !»


Vous voyez, c’est déjà mal parti puisqu’on est au début.

D’ailleurs, restez vigilant,

l’absurde, ça fait mal aux dents.



--- Je ne serai donc jamais vraiment poète.---



Car il faut savoir parler d’amour pour ça,

avec des mots qui se terminent par la même chose,

ou plus ou moins,

et de temps en temps,

mais pas trop,

là, doucement.

Attention ça pique ce sont des roses.


C’est assez compliqué n'est-ce pas?


Etre là quand elles viennent,

savoir où elles s’en vont,

comprendre ce qu’elles disent

et ce qu’elles nous reprochent,

seulement les croiser,

ou leur faire du pied au cinoche.


Les prendre dans nos bras

les aliter, longuement lovées là,

en libellules sur le lin que la lune illumine.


Ou les affranchir, évidemment

si elles le désirent.


Les plates, les faire rire malgré tout,

avec des trucs du genre « tercet gagnant »

ou « quatrain tchou tchou »

ou même, pour les flatter,

« poèt poèt » sous le chemisier,

tout ceci n’arrangeant rien à l’originalité,

à la répétition de sonorités,

à la décence,

ni même à l’éclat du propos,

qui est déjà bien long, dense,

phallo et embrouillé comme ça,

encore que,

en y réfléchissant mieux et en insistant,

pour s’amuser encore un peu,

mais non, finalement,



--- je ne serai jamais poète et ne connaîtrai jamais de muse.---



Je ne serai jamais vraiment poète car il faudrait avoir les maladies.


Handicapantes,

rongeuses-rapides ma non tropo qui vous usent,

infiltrantes,

les reins bouchés par l’envie,

les régions hyppo rongées.


S’inventer des névroses vertueuses

Où le virtuose du vers osé

reste tout seul à se balancer

avec son truc qui sonne.


Ou si la solitude n’est plus assez garce et menteuse,

aller chercher Verlaine où y faudrait plus,

dans des docks oubliés ou

dans les chiottes oubliées de docks foutus.

Lui signaler que c’est l’heure de la soupe et puis

Ha !

la lui jeter bouillante à la gueule en riant de dents dagues !


Bref, il faudrait être passablement dérangé

ou bien fourbe et méchant,

et au moins ordurier.



-- RAAAAA ! Foutre blanc ! Je serai jamais poète vraiment ! Ha ! c’est dingue !--



Car pour la poésie,

il faut connaître les prairies et encore l’océan.

Savoir comment sucer son brin en se donnant l’air marin.

Braconner le lapin en jouant du pipeau.


Le prénom des oiseaux, le préfixe des champignons ;

les immatriculations, les sémaphores,

ça paraît con mais il y en a tellement.


J’allais oublier les étoiles là haut:

Trous noirs, quasars, météores.

Constellations, comètes,

filantes à voile,

lunes et planètes.

Galaxies à spirales ou à plumes,

géantes rouges,

naines à poil brunes ou blanches,

supernova,

le mur de Planck,

le Big Bang,

l’immaculée conception,

l’infini etcetera.


J’allais oublier tout ça oui,

et pourtant c’est important,

une bonne paire de jumelles Leica

dans son sac de couchage.

Mais c’est au-dessus de mes moyens.



--- Je ne serai donc jamais vraiment astronome enfin, je veux dire poète. ---



Car ce qu’il faut surtout,

pour un vrai poème,

c’est une fin où on culbute,

un effet chouette ou marrant,

au demeurant,

technique ou énigmatique.

Et à part les trébuchements,

j’ai dur pour les chutes et du mal au derrière.


Mais comme je suis fort mauvais poète,

et lâche en plus

(j’écris par derrière),

je n’hésite pas à aller au pillage d’un qui a fait ses preuves,

d’un vrai çui-là.


On parlera de plagiat

ou avec de la chance, d’hommage ;

Cendrars dira que c’est dommage,

je m’en fous,

j’en ai marre :


« Et j’étais déjà si mauvais poète

Que je ne savais pas aller jusqu’au bout ».

 

Par didoudave - Publié dans : Poésie
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Jeudi 25 décembre 2008

Et voilà, com’ d’habitude…

Je n’attends plus que moi.

Ben voyons.


Ca fait déjà deux plombes au moin
s

Que je suis là, à me klaxonner devant,

Si impatient face à tant d’inexactitude,

A me passer les nerfs

Les mains tordues sur le volant.


Et je n’arrive pas.


Je vais être à la bourre, c’est sûr.

La Cucara-cha ! La Cucara-cha ♪ !

Je ne m’entends pas ou quoi ?

Qu’est-ce que je fiche !?


Ha !

Ça c’est bien les solitudes !

Jamais coiffées, jamais maquillées,

A se trouver toujours moches

Ou à chercher leurs chaussures.

Bon sang, je n’arrive toujours pas, là !


Et ça sert à quoi d’être à l’heure !

D’avoir fait blinquer la voiture

Et la vidange du moteur,

Si c’est pour se trouver planté

Tout devant au cinoche ?


Pardon m’sieur l’agent ?

Je suis garé en zone rouge ?

Vous n’avez rien de mieux à faire

Que d’attraper les petits moi,

A jouer les surmoi ?

J’ai mis mon disque, non ?

Pas question que je bouge.

Non mais, de qui me moque-je-t-on ?


Ca commence à bien faire. C’est lon
g.


J’irai bien sonner mais je crains

Que soudain un autre moi m’ouvre:

Mon moi-père ou mon moi-mère,

Mon moi-petite-soeur

Ou mon moi-petit-chien-qui-mord.

Je vais pas savoir quoi dire,

Je serai plein d’émoi et de sueur,

Je ne me laisserai pas sortir

Si je me vois dehors.


Ah ! enf… non, j’ai cru un moment.

Mais ce n’était pas moi.

Je vais pas m’en sortir.


Si encore je m’étais prévenu :

« Allo? oui, passe un peu plus tard,

Je ne suis pas prêt.

Non c’est moi qui raccroche, non c’est moi »,

Passe encore à peu près, mais là ?


Bon, je viens maintenant ou quoi ?!

Ça fait un sacré bout de temps !


Qui c’est cui-là, le moi-voisin ?

Qu’est-ce qu’il a à me regarder en coin

Comme si je m’étais jamais vu.

Comme si j’avais pas assez du rétroviseur.

Allez, sors mes poubelles,

Et rentre chez moi !


Et moi qui n’arrive pas.


D’ailleurs,

Je crois que je ne viendrai plus maintenant.

C’est compulsif, obsessionnel :

Je n’ai jamais été à l’heure.

C’est plus fort que moi.

C’est comme ça tout le temps.


La ponctualité est la politesse des moi, dit-on.
Disons que j’me suis mal élevé,

Et que j’commence sérieusement à m’énerver !


Je vais jouer une Cucaracha ultime

Et puis allez, tant pis pour moi,

J’irai sans moi,

Je me raconterai le film.

Par didoudave - Publié dans : Poésie
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Mercredi 24 décembre 2008



Comment aurai-je emprise sur moi

Quelles sont mes aspérités

Et l’espoir d’une crevasse

Pour y glisser

Mes doigts


Comment s’atteindre

Le haut de soi

Le sommet

S’il en est

Comment se hisser par-dessus


La glace

La ride dedans qui s’annonce

On s’attaque par la face nord

Sur le visage moussu du dehors

On se casse les dents

C’est la chute


Et on n' a plus qu’à sucer

La moelle des mots


Par didoudave - Publié dans : Poésie
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Mercredi 24 décembre 2008




Mon bon monsieur, mais regardez autour de vous :

Le monde entier est un complot !


Dans ce parc,

Nos sens et les oiseaux sont tous de connivence.

Ils se jouent de nous,

En rires sarcastiques et à peine étouffés.


Cet arbre cesse d’exister

Dès que mes yeux se ferment

Et dès que ma main quitte son écorce rugueuse.


Excusez-moi du terme

Mais nous sommes des cons.


Mon cher monsieur,

La pub suprême,

La sublime esbroufe du ciel bleu,

Ne la devinons-nous ?


Les ventres lourds de ces lestes prélats

Divins ondoient dans l’air.

Leurs mains lisses caressent des calices d’or fin.

Ils sont rois et sultans,

Ivres et jubilant,

Rouge teint.


Regardez votre serviteur,

Sans doute est-ce eux-mêmes

Trouvant ça drôle,

Qui lui soufflent ce qu’il dit.


Car soyez convaincu qu’ils ont aussi pris

Le contrôle sur l’heure

De l’imagination qui vous salue,

Et vous prie de faire attention.

Vous êtes nu et il fait froid dans ce parc.

Par didoudave - Publié dans : Poésie
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Mardi 23 décembre 2008

Venez pas m‘emmerder,

J’ai vingt siècles d’excuses derrière moi,

Plusieurs millions d’années de froid et de gerçures,

De feux, de peurs, de dents

Et devant déjà le soleil me guette.


Venez pas m’emmerder,

Me demander d’aller en quête d’un chemin

D’argile, de sang, d’eau,

De lumière épurée,

J’ai trop marché, je suis allé trop loin.


Venez pas m’emmerder,

J’ai tous les dieux qu’il faut ,

J’ai mes conspirations,

J’ai le nom des ruisseaux et j’ai le nom des plantes,

J’ai les noms.


Plus d’un organe en moi réclame sa pitance,

C’est bien assez de fournir la gamelle,

Et mon coeur insatiable,

Et mon foie assoiffé,

Venez pas m’emmerder, j’ai bien des circonstances.


Et surtout, je vous prie,

Venez pas m’emmerder.

Je suis déjà assez nombreux.

Je vais fermer la porte adieu.

Retirez votre pied.

Par didoudave - Publié dans : Poésie
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Mardi 23 décembre 2008



Au pied de la colline un troupeau piétinait

Dans sa fange frugale, la conscience innocente.

Deux milliers de thorax ! tripe satisfaisante

Pour les entités foules aux luxuriants méfaits.


Le multiple a trouvé son refuge porcin !

Sitôt l’Ordre intimé, ils gagnent ces poitrines,

Quittent l’homme allégé des allures malignes

Et s’enfouire dictant aux khinzirs leur destin.


« Porc, marche vers ce lac et vers ses profondeurs ».

Le bétail ne résiste, se précipite à l’eau.

Les gardiens du troupeau éprouvent grande peur.


Arrivant vers eux deux ils sont fort étonnés

De voir l’homme et son sens revenu à nouveau

Mais prient le Second de vite s’éloigner.

Par didoudave - Publié dans : Poésie
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Dimanche 21 décembre 2008




Au tout long de moi,

Je m’étais étayé d’un boisage anonyme.


Mais contre ces terrils qui me poussent,

Ces effondrements qui me minent,

Je ne puis assurer aucune résistance.


Dans la fosse aux cadences furieuses,

Mille pioches creusent mes veines

Où je cache mes sangs,

Vainement.


Chaque heure raille le hercheur :


Les coups du porion qui dégrise,

Le sifflement prévenant des soupirs,

Le feu sec des lanternes vitales.

Les faux filons,

Les strates grises,

Et les remontées brutales

Aux jours éblouissants.


Dans mes galeries existentielles,

J’ai froid de suer toutes les pluies du ciel.


Je tousse un timbre sourd,

Et le rythme majeur

Des lourdes machines à entamer les coeurs

Me dis d’aller plus bas,


Plus bas encore,


Atteindre le noir fossile,



------------------------- Le fond de mon angoisse------------------------

Par didoudave - Publié dans : Poésie
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Dimanche 21 décembre 2008

On n'a pas assez des nuits pour rétablir nos jours.

Alors il faut fuir aux jonctions du temps.


La conscience,

simple surface lisse,

posée dans l’existence,

peut ainsi chercher à quitter l’axe du plan sans trop de risque.


Elle n’y arrive toutefois jamais assez pour se dissocier vraiment

et ce serait incroyable si elle y parvenait.


Car elle est peureuse et soumise.

Elle se rallie aux deux dimensions sans trop gémir,

aplatie, aplanie, à plat ventre en chienne honteuse.


Il est tard, comme elle, on finit par se coucher et par s’endormir

et ce n’est que justice pour la conscience.


Aux semonces du réveil,

- oublions le rêve qui est d’un autre ressort -

c’est pourtant elle qui se lève ,

alors que le corps attends l’influx stupide

et il faudra qu’elle s’allonge à nouveau pour qu’il puisse prendre le dessus.


Encore un jour debout,

gonflé des consistances molles,

un air plat dans son volume transparent et synthétique,

bibendum droit qui boitille aux trous de bonne fortune.


La conscience ne doit pas les éviter.

Il faut parfois bloquer son épaule contre elle pour l’y conduire,

l’aider à rétablir l’équilibre par le point de rupture.

La soulager un court instant,

en la libérant par le sol.


Elle se roule alors de tout son long

comme les chats sur le béton plus frais et semble reconnaissante.

Véloce, elle se relève, on ne sait pourquoi et ce n’est pas effrayée qu’elle est.


Le plus commode est de l’asseoir sur une chaise.

Par didoudave - Publié dans : Poésie
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Samedi 20 décembre 2008




Saltimbanque usurier de mon destin nomade,

Qui me traque, me ruine et me terrainvague,

Ou attends patiemment son tour dans la file,

Je prendrai moi aussi de bien curieux atours.


J’irai comme on s’efface me montrer dans les foires,

Une larme docile dans mon café séché,

J’attendrai l’oeil voyeur du chaland dans le noir

Chercherai le secret de ces gens enjoués,

Et referai le monde aux miroirs déformants:


Un palais des glaces dans la Galerie des Glaces

Un grand-huit sur la tour Eifel.

Un galopant de caramel,

Des recolleurs de dents,

Un train-fantôme à Buckingham Palace,

Une pomme d’amour gigantesque sur les toits du Vatican.


Amis forains,

Cracheurs de ritournelles,

Avaleurs de scies, de rats,

Gobeurs de clous en coin,

Saouls du ciel,

Des tournis tournoyants

Des orgies rougeoyantes

Des tabulé razzias,

Jamais rassasiés,

Jamais assez de rats,

Amis, approchez.


Voyez le frugal et suffisant espace :

Un seul soleil là-haut à nous reluquer,

Une lune unique et à portée de bouche,

Deux vieux réchauds manouches, notre campement.

L’univers aux pieds sales vagabonde à nos pieds.


Je ferai comme avant, brûlerai roulotte,

Deux chèvres qu’il me reste d’un ancien divorce.

Je sauverai mon chien et mon corbeau-farceur,

Le médiator de mon père et ma guitare.

Ce soir on chantera et demain est ailleurs.

Par didoudave - Publié dans : Poésie
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Vendredi 19 décembre 2008

Médiocre éternité,

Le ventre plein

Des feux éteints.


Piètres humbles,

L'ocre pâle

Au teint de ceux

Déçus des fées.


Blafards flamboyants,

Clients des bains publics

Cherchant

Un quelconque illusoire

Le délice vulgaire,

Un souffle chaud et aquatique

Entre les cuisses molles.


J'ai hâte comme vous

Des goûts

De la prochaine mer.




Par didoudave - Publié dans : Poésie
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Mercredi 17 décembre 2008

J’ai fini par dompter le tournoiement du ciel,

le débourrer avant qu’il ne me lèche,

deux coups de langue à griffe, un demi croc,

des jours entiers à se tenir en laisse.


J’ai appris à tousser la fripouille au cri noir,

à maîtriser le clappement de ses membranes,

à m’époumoner avec économie

dans ma boîte à glaviots en ivoire.


J’ai pu exonérer mes peurs,

dissimuler à mes décimateurs

mon thésaurus intime, mes sels persos,

mes dîmes dûment planquées

dans le silo sous la pulpe.


Des nuits en ruines du jour,

pré-contraint à mes bétons-résines,

j’ai dû y dénicher mes caches,

m’ensevelir à mon tour

pour retrouver l’amande enfouie.


Jouer au bord du trou fantoche,

adossé au vertige, sur un pied d’art précaire,

jeter l’énième pierre

pour sonder la profondeur du vide.


Un revers essuyé à ma serpillière,

j’étais encore allé, sous le manteau,

remuer ma plaie autour de mon couteau

Par didoudave - Publié dans : Poésie
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Mardi 16 décembre 2008



Il faut partir.

Il faut aller là-bas.


Respirer sentir,

Voir

Si on y est pas.


Il faut se fuir un peu ici

Pour explorer ses propres ailleurs.


Aller vers l’Est oui,

Par exemple.

Improviser des temples

Ou guetter les lueurs,

La bouche grande ouverte aux moussons

Lessivant le ventre rond

De Boudha.


A moins que là,

L’Ouest ostentatoire,

Ses reflets qui paillettent

Au fond de la batée,

L’Absolu pesé

Moins ses vingt pourcents

Ne soit plus convaincant,

Le temps d’un lit,

Le temps de redescendre au bar.


Songer au Sud.

Délaissant les longitudes

Et pressé des langueurs
Héliocentriques,

S’arrêter au premier équateur.


Ou cap au Nord

L’air tragique.

Loin dans la plaine,

S’évanouir

Dans le vent du nord.


Quoi qu’il en soit

Il faut partir,

Prendre les trains adéquats;
Quelques avions au hasard

Et les chemins moins sûrs

Plutôt que les boulevards.


Il faut s’en aller

Frotter sa clé

Aux cent serrures

De l’univers.

Soumettre l’existence

A d’autres territoires.

Opérer la distance,

Le monde à coeur ouvert.


Par didoudave - Publié dans : Poésie
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Lundi 15 décembre 2008



Incliné dans ce sens, fléchi dans celui-là,

courbaturé sans fin toujours je dois

démonter disséquer désosser

la machine à mystère,

au chalumeau lui faire cracher ses étincelles.


Je dois encore

déboulonner le ciel et dévisser le sol,

ouvrir au racaniac l’horrible sens du mot cruel

ou sans un haut le coeur,

percer la molle entraille du monstre mécanique

en usant du marteau-piqueur.


Je suis un bricolo maniaque,

à la pointeuse pointilleuse,

à l’établi wifi,

tablier estampillé,

range-boîte à outils rangé.


Mécano mégalo, mon métier est ardu.

Le smic, le dos foutu, la sécu qui s’en fout.


Le patron est en fuite,

la secrétaire enceinte,

et le comptable en plein doute.


Trinité vanité banqueroute,

tant de petits ouvriers à la triste mine

et pas le moindre syndicat.


Que fait Zorro que fait Zola,

que faisons-nous-là, dans nos anoraks,

notre boîte à tartine à la main ?

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Dimanche 14 décembre 2008



J’ai encore bien peur d’avoir bien peur.


Pour un peu, je m’en serais cru quitte.

Quelques cuites aux mauvais crus,

Quelques bleus saignants que je pensais devenus

Tendres légendes aztèques.


Mais non,

Je flippe à nouveau parfaitement des présages,

Grues augures des grands champs de sygnes,

Le Verbe et son allure éthérée

Vous font voir la Vérité à plume.


Peur peur peur ! La Vérité !

L’étoile carne, quelle horreur

De ne pouvoir la comprendre

Et de pourtant l’interpréter !


Le Verbe et ses atours opaques !

Les flammes à déclarer un genou à terre

Et l’autre flasque sous les flammes de l'enfer!


Peur peur peur !

Flammes flammèches flambeaux foyers,

Tout pour que tremble et brûle.


Mais comment ne pas se brûler

A chaque fois cent doigts ?

Comment savoir quand c’est assez chaud ?


Peur peur peur !

Moi moi moi,

Que je me consume mal ou que je m’étende

Au-delà du quartier ou du septième étage.


Peur peur peur !

La hache du sapeur-pompier,

L’escabelle à monter sur la grande échelle,

La lance à refroidir les ardeurs

Du nous nous nous,

Du possible incendie des cieux où

Le coeur est l’essentiel combustible,

Le Verbe est éclaireur,

Où l’illusoire est la seule lumière .


J’ai la crainte d’étreindre

D’un souffle au coeur

L’amadou délicat.


Crainte crainte folle.

Coeur coeur coeur.

Moi moi moi

Toi nous-deux,

Je suis le loup apeuré par le feu.


Wouuuuuu Houuuuuuu fait la sirène,

Pinpon le pimpant camion rouge et blanc,

Moi je fais des huits incohérents,

Dans la clairière rouge, j’approche et je fuis,

Je mords un peu aux fumées,

Je grogne aux escarbilles.


Je suis le loup qui détale

Dans sa forêt incendiaire

Oùùùùùùùùùùùù

Je hurle aux canadairs

Ma peur fatale d’aimer.

Par didoudave - Publié dans : Poésie
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Vendredi 12 décembre 2008

J'aime ces fins de nuit ou mon coeur est ta main,

A jeter des cailloux aux lendemains sans coeur,

A s’aimer, se peloter, se haïr sans faute

En cherchant la nuance entre l’aube et l’aurore.


J’aime ces fins de nuit,


Quand nos yeux inutiles paressent à s’ouvrir

En sentant le soleil nous inclure pourtant

Dans l’éclat flou de ses fins rayons passagers.


J’aime ces fins de nuit où je m’en vais vomir

Mon ivresse fortuite et mes ongles rongés

Par ta bouche qui rit et me dit ressuscite.


Par didoudave - Publié dans : Poésie
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